Beaucoup de gens qui n'arrivent pas à se concentrer en travaillant depuis chez eux en concluent la même chose, un manque de discipline personnelle, une volonté qui flanche. La réalité tient à autre chose. Le cerveau lui-même est mal configuré pour ce genre de situation, indépendamment de la motivation de la personne qui s'assoit devant son ordinateur.
Le cerveau associe un lieu à une fonction
Le cerveau humain fonctionne beaucoup par association. Un lit signale le sommeil, une cuisine signale les repas, un canapé signale la détente. Quand ce même endroit doit aussi accueillir le travail, ces signaux se mélangent, et le cerveau ne reçoit plus l'indication claire qu'il attend pour basculer en mode concentration. Ce n'est pas une question de motivation, c'est un fonctionnement automatique, largement indépendant de la volonté.
C'est pour cette raison qu'un lieu dédié au travail, distinct du reste, a un effet réel sur la capacité à entrer rapidement dans une tâche. Le cerveau apprend l'association avec le temps, et cet apprentissage devient un raccourci mental précieux.
Le trajet compte plus qu'on ne le pense
Sans transition physique entre la maison et le travail, le basculement mental n'a souvent jamais vraiment lieu. Même un trajet très court crée une frontière que le cerveau reconnaît, un sas entre deux états. C'est ce sas qui manque à beaucoup de personnes qui travaillent depuis leur salon, sans jamais quitter l'endroit où elles viennent de prendre leur petit-déjeuner.
Un cerveau qui n'a jamais eu de vraie frontière entre le lieu où il travaille et celui où il se repose finit par mélanger les deux, jusqu'à ce que plus rien ne ressemble vraiment à une pause ni vraiment à du travail.
La présence des autres pèse plus qu'on ne l'imagine
L'isolement affecte la motivation, y compris chez les personnes qui se pensent parfaitement à l'aise seules. La simple présence d'autres personnes autour, sans obligation d'interagir avec elles, a un effet mesurable sur l'engagement dans une tâche.
Une étude menée par des chercheurs de l'université du Michigan, publiée dans la Harvard Business Review, a mesuré le niveau d'épanouissement professionnel de personnes travaillant en espace de coworking. Le score obtenu tournait autour de 6 sur 7, un point de plus en moyenne que chez des employés en bureau classique, un résultat suffisamment inattendu pour que les chercheurs revérifient leurs propres données avant de le publier. Une enquête mondiale menée par DeskMag auprès de membres de coworking va dans le même sens, 71% des répondants estiment que leur créativité a augmenté depuis qu'ils travaillent dans ce type d'espace, et 62% jugent que la qualité de leur travail s'est améliorée.
À Antananarivo, l'espace de coworking Kante Co., installé à Andranomena, part exactement de ce constat. Pas comme argument commercial, mais comme réponse concrète à un besoin que la science décrit assez précisément, un lieu dédié, une vraie frontière avec le domicile, et la présence discrète d'autres personnes qui travaillent autour.
Le meilleur moyen de vérifier si ça change quelque chose reste de le tester directement. L'espace de coworking à Andranomena reste ouvert à qui veut venir passer une journée pour voir ce que ça change concrètement dans sa propre façon de travailler.